Une ombre grandissant en roucoulant
Abdeslam Doukhane
Traduit de l’arabe par Najib Kaouachi
Derrière le béton lisse
Le vent frémit dans tes yeux
O père
Je ne crains pas le délire des lâches
Et les images de la grande patrie sur le papier ne me tentent pas
Je suis la perle de la terre
Je déclare que le jour est trempé de sang
Et la nuit doléance et gémissement
Je te l’ai dit O père
La terre des anciens chevaliers
Des prophètes et de l’olivier se ramifieraient
Tels les jardins de Babel
A l’heure du crépuscule
Et quoique le caméléon change de couleur
Il ne dotera pas les murs de l’histoire des palmiers
O père mets ta main dans la mienne
Et ouvrons nos cœurs au printemps
Le roucoulement des colombes
Est plus fort que les balles et le grondement de la mer
Je suis la perle de la terre pourpre
Les fleurs de la colère poussent dans ma main
Et tout comme s’élève de mon corps
L’odeur du sol
Je ferais des Lieux Saints
De Ramallah
De Gaza
Et de Jéricho
Le berceau de la pluie
La terre est verdie de sang
Et le ciel écrasé sous le gémissement
Et entre eux
Coule une rivière
Qui étanche la soif des cites enceintes
De chrysanthème
Et de pierre de la Palestine









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